Aller au contenu principal

Guadeloupe : autorisation de lutte contre le Miconia calvescens sur les propriétés privées

Photo :

 Qualifié de « cancer vert », le Miconia calvescens n’en finit plus de susciter des craintes en raison de son potentiel hautement invasif. Sa propagation menace en effet la biodiversité locale, depuis plusieurs décennies déjà en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie et depuis 2018 à la Martinique. La Guadeloupe n’est pas épargnée, puisqu’elle fait face à un déferlement de cette espèce arbustive sur son territoire. Un arrêté du 6 juillet 2025 se concentre sur les mesures de lutte à son encontre sur les propriétés privées en particulier.

Le Miconia calvescens est une espèce d’arbre originaire d’Amérique centrale et du Sud, présent désormais dans de nombreuses régions tropicales du globe, et introduit pour la première fois à Tahiti et en Nouvelle-Calédonie dans les années 30 en tant que plante ornementale dans un jardin privé. Il s’est ensuite rapidement dispersé, à tel point qu’il est considéré comme l’une des 100 espèces exotiques parmi les plus envahissantes au monde par l’UICN.

En Guadeloupe, le Miconia calvescens fait partie de la liste des espèces visées par l’arrêté ministériel du 9 août 2019 relatif à la prévention de l’introduction et de la propagation des espèces végétales exotiques envahissantes sur le territoire de la Guadeloupe - interdiction de toutes activités portant sur des spécimens vivants. A ce titre, l’espèce est interdite à l’introduction sur le territoire, y compris le transit sous surveillance douanière, l’introduction dans le milieu naturel, la détention, le transport, le colportage, l’utilisation, l’échange, la mise en vente, la vente ou l’achat de spécimens vivants. 

S’agissant plus précisément de l’arrêté du 6 juillet 2025, pris après consultation du public, son objet est de fixer les modalités de la campagne d’éradication du Miconia calvescens sur le territoire de Guadeloupe, étant donné que le foyer de celui-ci, situé sur la commune de Gourbeyre, présente une proximité alarmante avec les limites du Parc national de l’archipel, « territoire à enjeux en termes de préservation de la biodiversité ». 

Mais là n’est pas tout. 

L’arbre en question est connu pour produire des graines dont le pouvoir de germination est estimé à une quinzaine d’années, d’où la nécessité d’une action à long-terme (du fait d’ailleurs d’une banque de graines accumulées dans le sol ou déjà dispersées). Or, le foyer principal à l’origine de l’envahissement « se trouve sur la parcelle d’une ancienne pépinière qui a pu commercialiser des plants de cette espèce, sans que l’on puisse vérifier et évaluer les risques de cette éventualité ». C’est donc l’ensemble du territoire de Guadeloupe qui est susceptible d’être touché par la propagation de l’espèce et qui, par conséquent, est concerné par la présente réglementation, prévue pour une durée de 5 ans renouvelables.

À cet effet, elle intervient sur deux plans distincts et complémentaires, à savoir mener des opérations : 

  • de prospection visant à recenser les foyers de cette espèce et des opérations de destruction des spécimens ; 

  • d’éradication suivant un protocole de lutte précisé par l’arrêté. 

En vue de mener ces opérations, les agents de la DEAL et de l’ONF visés par l’arrêté sont autorisés à pénétrer sur les propriétés privées, sous réserve du respect des formalités prescrites par la loi du 29 décembre 1982 modifiée relative aux dommages causés à la propriété privée, mais aussi de la recherche en priorité d’une solution consensuelle avec les propriétaires.

En cas d’atteinte à la propriété privée du fait des opérations d’éradication menées notamment par brûlage, une indemnisation est envisageable pour les propriétaires concernés. 

Pour aller plus loin : 

- Sur la réglementation relative aux EEE en Guadeloupe.

- Pour une aide à l’identification de Miconia calvescens

Zone(s) géographique(s) :
Date :
06/07/2025
Type d'actualité :
Juridique